23/10/2012

Space Pirates and Zombies

Mais où sont les ninjas ?


Dans la vie, il y a deux choses que je kiffe-grave-wech-gros-c'est-d'la-bonne : les RPG et l'Espace. Gamin, entre deux chapitre d'un bouquin de vulgarisation d'astronomie d'Asimov (bon, à douze ans, je regardais surtout les images hein, je n'étais pas un génie à l'époque), je passais mon temps sur Final Fantasy VII, à suivre les aventures de Cloud, Barret et compagnie (renommés pour l'occasion "Connard" et "Enfoiré". Ne me dites pas que vous n'avez pas fait pareil).

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Du coup, la sortie de Space Pirates and Zombies (SPAZ) en août 2011 a piqué ma curiosité au vif. Un RPG dans l'espace avec des petits vaisseaux spatiaux qui se tirent dessus et qui, au contraire de EVE Online, ne m'obligera pas à jouer avec des centaines de chômeurs sociopathes scandinaves ? "What's not to like?", comme disent les anglo-saxons. Problème : avec ma bibliothèque Steam remplie de jeux payés à vil prix, mon boulot, ma gonzesse (et parce que je suis pauvre/un gros radin) je n'ai pas eu le temps de me pencher sur SPAZ. Heureusement, le Humble Bundle 6 m'a donné l'occasion de rectifier le tir.

SPAZ-Opera

SPAZ est donc un space-shooter-action-RPG avec des morceaux de stratégie dedans. Ça parait compliqué, mais ça ne l'est pas vraiment. Le personnage principal est une sorte de station spatiale (le Clockwork), qui abrite dans ses hangars un certain nombre de vaisseaux. Lors des missions, le joueur assume le contrôle en vue de dessus d'un des vaisseaux suscités et utilise les touches du clavier et la souris pour diriger l'engin afin de remplir différents objectifs (qui se limitent généralement à détruire tous les ennemis). Les autres vaisseaux alliés (il peut y en avoir jusque quatre) sont eux contrôlés par l'IA et peuvent recevoir des ordres grâce à une carte tactique assez sommaire.
Chaque mission permet d'accumuler des ressources (rez) et de l'expérience (data). Les ressources permettent de faire des achats et de remplacer les pertes, tandis que l'expérience permet d'améliorer les caractéristiques des véhicules. Cerise sur le gâteau, le jeu offre un écran qui permet de customiser les engins dont on dispose. On choisi un "hull" qui dispose d'emplacement prédéfinis, dans lesquels on rajoute des réacteurs, un bouclier, un moteur, des canons, des lasers, un hangar de drones... Sans avoir la profondeur de certains 4X spatiaux ou de Eve Online, il y a quand même de quoi satisfaire et les fans de Maxi Tuning et les min-maxeurs les plus maniaques.
Le hangar permet de tuner
les différents vaisseaux

Jusqu'ici, ça SPAZ plutôt bien

Sur le plan de l'action, c'est un sans-faute. Le rythme est assez nerveux, les missions s’enchaînent rapidement, les contrôles sont intuitifs. Et la découverte quasi-constante de nouvelle technologie et de nouveaux plans de vaisseaux rend le tout très addictif. On commence une partie tranquilou après le dîner et on se retrouve la bave aux lèvres et le regard livide à deux heures du matin, en train d'enchaîner mission sur mission pour trouver le schéma d'un canon laser ou de nouveaux boucliers.
Parce que, s'il y a bel et bien une histoire dans le jeu, elle n'arrive qu'au second plan, tant la recherche de composants et le gameplay simple et efficace peuvent devenir un but en soi. Il faut dire que le scénar' est limite (sans parler de nombreux points communs, fortuits ou non, avec un certain Mass Effect). On sent que les deux développeurs n'avaient pas que ça à foutre. Guerre, secret caché au centre de la galaxie, zombies, bla-bla... merci m'sieur dames. Une fois que c'est dit, et ben, démerde toi mon petit pote. La galaxie est générée aléatoirement en début de partie, et rien n'empêche au joueur de passer son temps à explorer des systèmes plutôt que de faire avancer le schmilblick. Le jeu ne suit pas une progression prédéfinie.

Garçon, il y a du grind dans mon jeu solo

Cet aspect ouvert, qui fait en grande partie le succès du jeu, en est aussi le principal défaut. Au début, tout ça fonctionne sans un pet de travers : on gagne en puissance au fur et à mesure que l'on arrive dans des systèmes solaires de plus en plus difficiles, et il suffit de remplir des missions pour accumuler des ressources sans trop se forcer. Mais, une fois les quelques premières heures passées (il en faut environ 25 pour finir le jeu sans trop se presser), les choses changent radicalement. Plus question d'arriver dans un nouveau système comme un touriste, sous peine de prendre une bonne grosse branlée. Pour suivre le rythme, il faut s'attarder dans les zones déjà explorer pour gagner des niveaux. Puis, à la fin de l'acte III, c'est la débandade, la catastrophe : on se retrouve régulièrement face à 4 ou 5 vagues de d'aéronefs plus balèzes que les ceux que l'on possède. Et là, pire qu'un socialiste aux commandes, chaque perte vient plomber un budget déjà bien serré.

Alors, on n'a pas le choix : pour avoir une chance de survie, on retourne en arrière, dans des systèmes solaires plus faciles, pour farmer de l'expérience et améliorer ses flingues. Ou pour se remplir les poches afin de reconstituer sa flotte (plus les vaisseaux sont puissants, plus ils coûtent cher). Et parfois, quand on est vraiment à sec, on adopte la tactique dite "du mendiant et du guichet de banque" : on s'arrête près d'une station minière gérée par l'IA pour piquer le rez qu'elle récolte. Ça arrive rarement, c'est vrai, mais assez souvent pour que l'enthousiasme des débuts prenne une douche froide.

Et c'est là que la bât blesse. Que le jeu soit difficile, c'est plutôt un bon point. Qu'il oblige régulièrement le joueur à grinder comme un vulgaire joueur de MMORPG, c'est par contre d'assez mauvais goût. Il est toujours possible d'installer des mods (comme More Hangars) ou de réduire la difficulté, mais ça laisse un arrière-goût désagréable. Parce que le principe de base de SPAZ était excellent et qu'il est dommage qu'il s'essouffle un peu sur la longueur. Mais, ils l'ont promis, les deux développeurs (qui continuent un an après à patcher le jeu) feront mieux pour SPAZ 2.

On me signale que le (très bon) testeur youtube TotalBiscuit a prêté sa voix pour les dialogues du jeu.

Space Pirates and Zombies
MinMax Games
Environ 9€ sur Steam, Impulse et Gamersgate

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