Le maître du donjon
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Parmi ceux-ci, un a tout de suite retenu mon attention : Legend of Grimrock. Je n'ai jamais joué à Eye of the Beholder ou à Dungeon Master, les ancêtres avoués du titre, mais le jeu avait un petit air de Might and Magic qui a tout de suite ravivé de souvenirs d'enfance. Et peu importe si je n'ai jamais réussi à l'époque à finir (ou même à comprendre) un Might and Magic. Je me contentais d'explorer le monde en essayant de crever le moins souvent possible. C'était déjà pas mal.
Avant de les découvrir, il faut créer une équipe de bras cassés. Quatre bras cassés, pour être exact, dont le joueur peut choisir la classe (parmi le très original triptyque "guerrier-mage-voleur"), la race (il y a des humains, des minotaures, des hommes-lézard et des insectoïdes, chacune ayant ses avantages et ses faiblesses), les caractéristiques et les compétences de base. Bref, c'est du sérieux, du character-building plutôt couillu, comme on en voit assez rarement de nos jours. Le jeu se joue en vue FPS, les quatre aventuriers étant disposés en deux rangs de deux. Les deux à l'avant vont se prendre la majorité des coups sur la tronche, tandis que ceux de derrière sont relativement sauf, mais doivent utiliser des sorts ou des armes de jet pour pouvoir se battre.
Direction Grimrock donc. Z pour avancer, Q et D pour straffer, A et E pour réorienter le groupe vers la gauche et la droite, un bouton pour frapper et lancer un sort, un inventaire, une carte, et c'est parti... La prise en main semble immédiate. Avec un détail, de taille : tout le jeu fonctionne selon les principes du bon vieux case par case. Dans LoG, il n'y a que des angles droits et des carrés, et chaque déplacement entre deux cases est précédé d'un infime temps de latence. Un faux temps-réel ? Pas vraiment, puisque les actions se chronomètrent souvent au poil de cul près. Et que ce mouvement en case par case est très discret.Ce mode de déplacement révèle tout son intérêt dans les combats. Si au début je me suis contenté d'échanger des baffes face à face avec des escargots géants, j'ai vite compris que la plupart des ennemis sont soit trop balèzes soit trop nombreux pour être gérés de cette manière. Les combats reposent en fait sur ce que les joueurs de MMORPG appellent le "kitting". Ou comment rester hors de portée d'un monstre tout en pouvant lui balancer de grands coups dans la gueule. Pour cela, il va falloir utiliser le terrain (souvent étroit) pour tourner autour d'un monstre, reculer lorsqu'il frappe pour revenir lui en coller une immédiatement après. Ce qui semble assez compliqué au début devient vite un réflexe, et j'ai été fier comme un coq (ou comme un enfoiré de nerd) lorsque j'ai réussi à gérer mon premier groupe d'araignées géantes dans une série de couloirs.
Des crabes et des clicks
L'autre challenge de Legend of Grimrock, c'est sa multitude d'énigmes. Autant le dire tout de suite, je suis plutôt teubé en point'n'click et en jeu d'aventure. Utiliser une ceinture et une tarte pour ouvrir une porte, ça n'a jamais été mon truc. A ce niveau, ça commençait plutôt tranquillement : une torche à placer sur un mur, un interrupteur à activer... J'ai terminé le premier étage les mains dans le dos, en me prenant pour le roi du monde. Quelques heures plus tard, j'étais largué. Parce que le nombre de puzzle et leur difficulté explose. Des parchemins disséminés à droite à gauche donnent quelques indices, mais ils sont assez sibyllins pour ne pas trop faciliter la tâche de l'idiot que je suis. Et bien évidemment, les énigmes les plus compliquées sont celles qui donnent accès à des salles optionnelles, remplies d'items et de bonus. Des items qui sont d'ailleurs rares. Dans LoG, le loot est rare, et c'est tant mieux : chaque objet découvert n'en devient que plus important.Un mode old-school dans mon jeu old-school
Legend of Grimrock atteint donc ses objectifs et fait du neuf avec du vieux. Même s'il y a à redire sur certains points : l'équilibrage de certains compétences et classes est à la rue, la recherche de boutons cachés sur les murs devient rapidement chiante... Au final, pour les amateurs de RPG, ce jeu est un must-have, qui occupera au moins 15 h de leur vie pour une bouchée de pain. Pour rallonger le plaisir, il est d'ailleurs possible de jouer en mode old-school, en devant tracer soi-même la carte des lieux explorés, ou de télécharger un des nombreux mods et donjons disponibles sur le net. En attendant la sortie deLegend of Grimrock II, ou même de Might and Magic X (et autant vous dire que, pour que les requins d'Ubisoft décident de ressuciter la licence Might and Magic, il faut qu'ils aient été impressionnés par LoG).
Legend of Grimrock
Almost Human
14 €

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