30/04/2013

Deadly Premonition

Fire Walks with us



Une jeune femme assassinée dans une ville perdue au fin fond de l'Amérique, des habitants tous plus bizarres les uns que les autres, une scierie, un inspecteur du FBI... L'histoire de Deadly Premonition semble tellement calquée sur Twin Peaks que j'ai d'abord pensé que PPDA se trouvait à l'origine de tout ça. Mais non, derrière ce jeu vidéo qui réussit l'exploit d'être à la fois fabuleux et résolument loupé se cache le génial Swery.



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Bakchich, les Sims, Titi et Grosminet
 
Commençons d’abord par les bonnes nouvelles qui ne manquent pas. Une fois arrivé dans le trou perdu de Greenvale, l’agent du FBI, Francis York Morgan, un type totalement schizophrène mais très attachant, est confronté à une palette de personnages loufoques qu’il se doit d’interroger afin de remonter la trace du tueur. Pour l’aider dans sa tâche, il va pouvoir compter sur trois bouseux de la police locale, bien décidés à lui jeter des bâtons dans les roues. Cet aspect enquête somme toute très original est très bien réalisé ici, et le scénario se révèle captivant. Les habitants de la ville ont leurs petites habitudes et il faudra apprendre à vivre avec eux, s'informer des potins ayant un lien direct ou lointain avec l'affaire, les interroger, recouper les informations... Comble du voyeurisme, il est même possible d’espionner les suspects dans leur environnement intérieur en les observant derrière les fenêtres. Le tout s'avère tout bonnement passionnant. D’autant que l’univers de Deadly est ouvert, ce qui permet à notre Francis d’évoluer librement, au gré de ses envies. 


Pour beaucoup d'hommes, le rasage est un sujet sensible.
Outre cet aspect non déterministe (il est néanmoins possible de rusher et de suivre les missions du scénario principal à la suite), un autre élément du jeu ne laisse pas indifférent. Un peu comme un Sims, il s’agit de gérer la vie de notre personnage dans ses moindres recoins. Oubliez de l’alimenter et vous risquez une belle fringale en pleine phase d’action, omettez de  raser ou de changer le héros du FBI et ce dernier se traînera une vieille barbe de clodo et des mouches à longueur de journée. Et l’aspect vie sociale ne s’arrête pas là. On appréciera notamment de se rendre dans un bar de péquenots en soirée et de leur donner une leçon aux fléchettes ou encore d’aller pêcher en solitaire au lac le plus proche. Arrosez le pompiste d’une liasse de billets et celui-ci vous fournira des ragots intéressants sur un des habitants. Échangez quelques mots avec votre hôtelière sourde tous les matins ou goûtez à la succulente tarte aux pommes de votre coéquipier… La liste est encore extrêmement longue et on touche à ce qui fait le sel de Deadly Premonition. Comment ne pas aimer un jeu où le personnage discute avec son ami imaginaire, d'épisodes de Titi et Grosminet ?




Ah oui, tiens au fait…

Le sourire de l'ange, c'est un peu ledger pour faire peur.
Si l’on omet de parler des graphismes dignes de la PS2 et de la conduite de la voiture moins maniable que dans les jeux des années 90, jusque là tout va bien. Le drame survient lorsqu’on se confronte aux phases de gunfights absolument indignes.
Et là où le bat blesse c’est que l’on passe des heures à tirer, tuer des monstres pitoyables, dans des combats sans la moindre trace d’intérêt. Inutile également de nier les QTE vérolés ou encore les courses-poursuites loupées avec le tueur. Les donjons, sortes de monde parallèle ont bien souvent des couloirs identiques et la musique, la musique… La bande son est si lancinante et l’animation des personnages si loupée que Swery en rigole lui-même comme en témoigne cette vidéo où il fait preuve d’une bonne dose d’autodérision.




 

En temps normal, face à de tels défauts, on se serait contenté d’enfermer le jeu à double-tour dans un tiroir et de jeter la clé. Sauf que ce n’est pas possible ici, car après avoir attrapé un mal de crâne et éteint le son de sa télé une dizaine de fois, on parvient au bout de la phase d’action et l’on retrouve avec plaisir ce qui fait le charme de Deadly Premonition : l’enquête et le scénar'.

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Rares sont les jeux qui laissent une telle impression. Dotés de centaines de bonnes idées, d’une histoire et d’un univers captivants, Deadly Premonition vaut vraiment le détour à la seule condition d’être capable de supporter un jeu aux tares quasi insurmontables.


Rising Star Games
20 € sur Xbox 360




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