02/05/2013

Alan Wake: American's Nightmare

Remedy ne me fait plus rêver



Le cul-coincé entre deux chaises, entre son envie d'être un TPS décent et sa volonté d'être un jeu d'ambiance, Alan Wake m'a plu. Restait aux Finlandais de Remedy à se décider : quel genre de jeu devait être Alan Wake ? Le pauvre type avait l'air un peu paumé, et moi aussi.



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Avec Alan Wake: American Nightmare, les développeurs ont choisi. Ce sera bel et bien est un TPS. Tant pis pour moi, qui aurait préféré que le jeux abandonne un peu son côté bourrin pour devenir plus subtile, plus survival-horror et plus aventure. Tant mieux pour le gameplay, qui s'améliore considérablement par rapport au premier jeu de la licence.
Avant toute chose, précisons qu'American Nightmare, plus qu'un second opus, est un standalone. Après avoir vaincu la présence de Bright Falls, Alan se retrouve emprisonné dans la ville imaginaire de Night Springs, où se déroule la série du même nom. Pendant ce temps, son alter-ego maléfique, Mr. Scratch, rencontré à la fin d'Alan Wake, prend la place du héros dans la réalité. Alan va donc devoir trouver un moyen de se barrer de Night Springs et de régler son compte à Mr. Scratch. Et vu que ce dernier envisage de tuer Alice, la gonzesse d'Alan, il va falloir faire vite. Tant mieux, puisque le jeu ne dure qu'une poignée d'heures.


Sweet Home Arizona

L'écrivain maudit va donc traverser trois lieux à plusieurs reprises, pour arriver à se tirer du merdier dans lequel il est tombé. Fini Bright Falls, ses forêts et ses montagnes. Ici, on est plutôt dans le désert de l'Arizona. On retrouve malgré tout bien l'ambiance Amérique profonde, avec un motel et un diner (indémodables pour Remedy apparemment) et un ciné en plein air, transformé en musée un peu minable. Bon, autant ne pas vous faire de film : les trois cartes sont minuscules, et on est bien loin de l'immensité sauvage d'Alan Wake premier du nom.

American pan-pan

Comme toujours, Alan va devoir se battre contre des hordes de salopards. Mais il va cette fois-ci disposer d'un éventail de joujoux plus large. Arbalètes, Magnum, fusil d'assaut et autres joyeusetés vont vite supplanter le traditionnel six-coups et la carabine de tonton. Pas étonnant, puisqu'Alan va être confronté à de nouveaux ennemis. Les possédés de base sont toujours là, mais ils sont accompagnés par de nouveaux monstres aux comportements différents. Nouveau bestiaire, arsenal élargi et plus efficace... Oui, cet Alan Wake ci est un vrai TPS, avec des phases d'action réussies, plus directes, plus assumées. Le rythme même du jeu a changé. Plus de trekkings interminables dans la nature, plus de phase diurne pendant laquelle on discute. Quant aux PNJ hauts en couleurs, ils ont tout simplement disparus... Ou presque, mais on en parlera plus tard.

Plus de punch, moins d'âme

Là maintenant, la question que vous vous posez (ou que vous devriez vous poser), c'est "Alan Wake n'a-t-il pas oublié ce qui faisait Alan Wake ?" (grosso modo, je vous laisse maîtres de la formulation). Et bien, si un peu. La plupart des gimmicks ont subsisté (ramasser des pages du manuscrit, écouter la radio, mater la télé, utiliser la lampe-torche), mais le jeu est différent. L'ambiance elle même a changé : fini le côté un peu Twin Peaks mâtiné dans du Stephen King, on est ici dans un univers plus pulp, plus comic book, plus bourrin. Ils suffit de regarder les nouveaux ennemis pour s'en convaincre: des géants difformes armés de scies à métaux, des grosses baraques dont le corps est couvert de tatouages, des petits maigrichons gothiques qui se transforment en vol de corbeaux pour attaquer par derrière. Même Alan a troqué sa veste en tweed pour une chemise de bûcheron et un jean crasseux, c'est dire...

Du scoring dans mon Alan Wake

Evidemment, American Nightmare ne fait pas qu'enlever. Il rajoute aussi un peu. Le mode arcade par exemple, dans lequel le joueur doit survivre 10 minutes sur une carte fermée (on retrouve les environnements des deux Alan Wake sortis jusqu'ici) avec un nombre de muniti
ons limités. Histoire de corser le tout, un multiplicateur de score augmente à chaque ennemi tué ou à chaque esquive, et est réinitialisé à chaque fois qu'Alan se fait taper dessus. Vu les efforts fournis pour faire du jeu un vrai TPS, il n'y a pas à se plaindre. Je pense personnellement avoir passé plus de temps en arcade que dans le mode histoire (qui se boucle en trois ou quatre heures).

Villy personnage

Il y a aussi Mr. Scratch, le "héraut des ténèbres", la version Orangina rouge d'Alan Wake. Régulièrement, il apostrophe le joueur par la télé. Je ne sais pas trop qui il est censé être ou ce qu'il représente, mais l'acteur qui joue Mr. Scratch (et Alan Wake), Ilkka Villi, est parfait dans le rôle du tueur psychopathe et maniaque qui prend du bon temps pendant qu'Alan est coincé dans Night Springs. Il faut dire que niveau personnages, il ne souffre pas trop de la concurrence. Les quelques rencontres qu'il est possible de faire dans le jeu ne sont ni intéressantes, ni mémorables. Peut-être Remedy voulait sous-entendre quelque chose avec son trio de demoiselles en détresse, mais au final, elles se révélent toutes les trois anecdotiques.


Alors, que vaut ce second Alan Wake ? Hé bien, difficile à dire. En tant que jeu d'action, il n'y a pas à tortiller du fion, on se situe un cran au dessus du premier épisode de la série. Par contre, malgré son univers un peu déjanté, American Nightmare n'arrive pas à la cheville de son ancêtre, pour ce qui est de poser une ambiance. Et c'est ce qui me chagrine pas mal, même si j'espère que tout ceci n'était qu'un trip passager de Remedy Entertainement, et que le prochain épisode - dont on ne sait pas grand chose - sera (beaucoup) moins orienté action. Je demande pas un Deadly Premonition, mais si on pouvait s'en approcher, ce serait déjà pas mal.





Alan Wake: American Nightmare
Remedy Entertainment (Finlande)
14 € sur Steam

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