16/11/2012

Magic the Gathering : Duels of the Planeswalkers

Duels à la carte


On a tous nos petits secrets, nos passions peu avouables, dont on hésite à parler devant des potes, sous peine de passer pour un gros naze. Par exemple, un de mes oncles collectionne des timbres pendant son temps libre. Et récemment, j'ai même rencontré une fois un étudiant de droit qui m'a avoué regarder TF1 régulièrement. Oui, c'est pas glorieux, mais je serais bien mal placé pour me moquer : gamin, je jouais à Magic: The Gathering.


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Là en gros, je suis foutu.
Au risque d'avoir l'air de ressortir le discours de votre grand-père réac' et raciste, à l'époque, tout était bien plus simple : sans internet, il était quasi-impossible de se procurer des cartes autrement qu'en achetant des paquets disponible dans le magasin de nerd du coin et en les échangeant avec d'autres gogols du collège. Oh, bien sûr, on savait qu'il existait un lotus noir à 300 francs, mais on se contentait d'en regarder l'image dans le magasine du même nom. Mais, comme le dit si bien une pub télé complètement débile, ça, c'était avant. Maintenant, Magic, c'est un business, avec des cartes en éditions supra-collector à 50€, des dizaines de sites de ventes spécialisés, et bien sûr, une blinde de produits dérivés plus ou moins réussis. Au premier rang desquels se trouve la série Duel of the Planeswalkers.

Le Magic ne prend plus ?

Oui, ce nom est aussi celui du génial jeu de Microprose, sorti en 1998. Et sans tourner autour du pot, autant le dire, tout de suite, les DotP d'aujourd'hui n'ont pas grand-chose à voir avec leur illustre prédécesseur. Là où le premier offrait une campagne ouverte comprenant un versant RPG (le joueur se promenait de ville en ville pour améliorer son deck en piochant parmi 480 cartes, explorait des donjons et obtenait des items pour augmenter son nombre de points de vie), le DoTP nouveau se contente de proposer une suite de combats contre l'IA, quelques decks prédéfinis, des défis du genre casse-tête et un mode multijoueur parfois bancal pouvant opposer jusqu'à quatre joueurs. Le tout bénéficiant d'un suivi bancal, les développeurs préférant sortir des DLC ou travailler sur la version suivante plutôt que de corriger les bugs. Et oui, expliqué comme ça, ça fait mal, c'est clair. Mais est-ce que cela veut dire que les trois jeux de la série sont mauvais ? Qu'ils ne font pas le poids face à un Magic: the Gathering online qui permet de construire un deck en utilisant les 13 000 cartes créées à ce jour ?

Ça planes pour moi

Les challenges proposent de
remporter une partie mal engagée avec
des cartes précises. 
Hé bien, pas forcément. D'abord parce que les trois jeux DotP (le premier, sorti en 2009, et les version 2012 et 2013) permettent à tout un chacun de jouer sans se ruiner, au contraire des versions papier ou online. Oh bien sûr, il y a les DLC merdiques et dispensables ("Tu veux que tes cartes brillent coco ? D'accord, ça fera 3€") et quelques decks supplémentaires à débloquer contre espèces sonnantes et trébuchantes, mais devenir compétitif dans DotP ne demande pas un énorme investissement pécuniaire. Pas la peine d'acheter cette carte à 20€ en quatre exemplaire, pas la peine d'échanger 25 mails avec Wilhelm de Stuttgart pour obtenir une carte en particulier. On achète le jeu, on choisi un deck prédéfini et roulez jeunesse. Ensuite parce que, paradoxalement, le choix de proposer des paquets prédéfinis encourage un peu la variété, puisqu'il permet d'éviter de rencontrer à la chaîne des decks copiés sur ceux utilisés par les "pros" de la "discipline" (notez la présence de guillemets). Enfin, il faut dire ce qui est, la formule Magic, toujours efficace, bénéficie ici d'une mise en scène soignée : interface propre sur elle, cartes déblocables après chaque victoire, decks variés et généralement bien pensés, IA efficace (mais tricheuse)... Tout ça marche plutôt bien et je me suis à plusieurs fois retrouvé en train d'enchaîner les parties, sans me rendre compte du temps qui passe. Dommage que quelques bugs et un netcode bien pourri (qui cause de nombreuses déconnexions en multi) viennent assombrir le tableau.

It's a kind of Magic

Jusqu'à quatre beaux gosses peuvent
se foutre sur le tronche.
Difficile donc d'évaluer Duel of the Planeswalkers. On peut voir la série comme un moyen pour Wizards of the Coast et pour Hasbro de se faire un max de pognon facilement. On peut la voir comme ce qu'elle n'est pas : une alternative sérieuse à Magic version papier (ou online) et à ses cartes au coût exorbitant. Ou alors, on peut voir DotP comme un moyen de retomber dans le célèbre jeu de cartes (ou de s'y initier), sans trop se prendre la tête et sans trop dépenser. Ceux qui opteront pour cette option passeront probablement de nombreuses heures sur le soft. Si possible en préférant DotP 2013, qui propose plus de decks plus variés, plus de cartes à débloquer, plus de défis, et un peu moins de bugs (voir l'encadré comparatif).

Oui, les développeurs tentent de rendre un jeu de carte fucking epic!


Duel of the Planeswalkers, Duel of the Planeswalkers 2012 et Duel of the Planeswalkers 2013
Stainless Games
Environ 9€ sur Steam. Les DLC qui valent le coup coûtent entre 3€ et 5€. 

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