05/11/2012

Jamestown: Legend of the Lost Colony

Seulement 16 bits, mais des milliers de bullets


Dans l'imaginaire des non-initiés, les termes bullet hell ou manic shooters renvoient à une catégorie de shoot 'em up s'adressant à un public de chômeurs japonais défoncés au crack ou à Chuck Norris (si vous n'avez pas peur des mèmes usés jusqu'à la corde). Sorti en juin 2011, Jamestown: Legend of the Lost Colony a voulu changer la donne en permettant à tout un chacun (lire : à n'importe quel teubé dans mon genre) de découvrir les joies des shmup harcores.

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Il faut dire que la réputation de jeux extrêmement difficiles des bullet hell n'est pas complètement usurpée : il suffit de visionner quelques vidéos du légendaire Touhou Project pour s'en rendre compte. Une difficulté généralement sans concession et très frustrante pour le joueur débutant qui voudrait s'initier au genre. Oui, je suis en train de parler de moi là.

Shmup à lunettes

Dans les faits, Jamestown reprend la plupart des principes propres aux manic shooters et autres shmups. Aux commandes d'un aéronef, le joueur doit traverser un niveau en combattant des dizaines d'ennemis et en évitant autant de projectiles, avant d'affronter un boss gigantesque. Comme dans Touhou Project, plusieurs vaisseaux sont disponibles, chacun disposant de ses propres modes de tir. Le beam arrose à 60° devant lui et dispose d'un énorme rayon laser lent mais puissant, le gunner tire tout droit mais possède un deuxième laser qu'il peut orienter comme bon lui semble... Enfin, sans surprise, le jeu repose en partie sur un système de scoring, qui se permet malgré tout d'être assez innovant :  en ramassant les piécettes laissées par les ennemis abattus, le joueur peut déclencher un mode vaunt, qui offre quelques secondes d'invincibilité mais surtout permet de doubler le montant des points obtenus, et ce jusqu'à ce que la jauge de vaunt ne s'épuise. Sachant qu'amasser d'autres pièces une fois le vaunt enclenché permet d'en allonger la durée, et que l'annuler avant son expiration offre à nouveau un bouclier contre les projectiles pendant un cours laps de temps. Pour optimiser le score, il faut donc apprendre à optimiser l'utilisation ce fameux mode vaunt, quitte à prendre des risques : le déclencher trop tôt en voulant gagner quelques points de plus peut laisser le joueur vulnérable dans un moment difficile.

Easy mode ?

Du classique donc, qui ne permet pas a priori de différencier Jamestown de ses (rares) rivaux. Pour comprendre en quoi le jeu se veut plus accessible, il faut essayer les quelques premières missions et se rendre compte qu'elles sont très faciles. Bon, il faut faire gaffe bien sûr, esquiver à droite, esquiver à gauche, activer le vaunt ici ou là... Mais on reste bien loin du niveau de difficulté traditionnel d'un shmup. Cela veut-il dire que Jamestown est un jeu destiné aux gros noobs, à votre petit cousin un peu idiot ou à votre copine fan qui ne jure que par Zynga poker et autres social games débiles ? Clairement pas, puisque grâce à ses cinq niveaux de difficultés, Jamestown offre un challenge pour chaque type de joueur. Les plus gros malades prendront leur pied avec les modes divine et judgement et leurs écrans remplis de boulettes à éviter, tandis que les autres commenceront en normal avant d'essayer de maîtriser les modes difficult ou legendary.
Pour ce qui est d'initier les newbies aux shmups, c'est donc mission accomplie. Avec un bémol cependant : avec ses six missions de quelques minutes (dont trois réservées aux modes de difficulté supérieurs) et sa vingtaine de challenges (la moitié restera inaccessible aux joueurs normaux), Jamestown est court, trop court. Si les pros peuvent se satisfaire en postant leurs stats sur le ladder pour se la raconter, les autres devront se rabattre sur le multi (en local uniquement, jusqu'à quatre joueurs), assez poilant, il est vrai.

Mission to Mars

Pour terminer, je suis moralement obligé de parler de l'enrobage de Jamestown. Du scénar' d'abord : le jeu se déroule dans un XVII° siècle alternatif au cours duquel empires britannique et espagnols s'affrontent pour coloniser la planète mars. Les références à l'histoire réelle sont nombreuses (que ce soit avec les colonies de Jamestown ou de Roanoke, une version locale d'Eldorado, la présence de personnages ayant réellement existé...), le récit bien écrit et le tout est plutôt bien foutu, à mille lieues de ce que l'on s'attend à trouver dans un shmup. Le design est lui aussi réussi, pour peu que l'on ne soit pas allergique au style 16 bits. Les ennemis ont la classe, à mi-chemin entre le steampunk et un trip lovecraftien, les niveaux sont magnifiques et la musique grandiose (et disponible en téléchargement pour une poignée d'euros).

En conclusion, Jamestown est une autre de ces perles indie. Mon seul regret et qu'il n'y ait pas plus de contenu, notamment pour ceux qui ne sont pas et ne seront jamais des pros du shoot 'em up. Même le DLC (payant) Gunpowder, Treason & Plot sorti par Final Form Games se contente de rajouter quatre vaisseaux supplémentaires. Dommage.


Jamestown
Final Form Games (Etats-Unis)
9 € sur Steam/Gamersgate

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